Chaque année, les bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² doivent déclarer leurs consommations sur la plateforme OPERAT de l'ADEME. L'échéance 2026 tombe le 30 septembre. Voici, dans l'ordre, ce qu'il faut préparer, où cliquer, et les deux ou trois points sur lesquels un dossier réunionnais ne ressemble pas à un dossier métropolitain.
Le dispositif Éco Énergie Tertiaire — le « décret tertiaire » — vise tout bâtiment, partie de bâtiment ou ensemble de bâtiments situés sur une même unité foncière qui héberge des activités tertiaires sur une surface de plancher égale ou supérieure à 1 000 m². Bureaux, commerces, hôtellerie, santé, enseignement, logistique, salles de sport, administrations : la liste des catégories d'activité est large.
Deux erreurs de lecture reviennent systématiquement, et elles font manquer l'obligation :
La question « suis-je assujetti, et à quel objectif ? » est traitée en détail sur notre page dédiée ; celle-ci ne traite que du geste déclaratif.
La plateforme OPERAT est gérée par l'ADEME et le compte est gratuit. Le parcours est toujours le même : on décrit d'abord le patrimoine, on saisit ensuite les kilowattheures.
Sur operat.ademe.fr, créez le compte de l'entité qui déclare : SIREN, représentant légal, coordonnées. Une même structure peut déclarer pour plusieurs sites depuis un seul compte.
Site, puis bâtiment, puis entité fonctionnelle assujettie : adresse, catégorie et sous-catégorie d'activité, surface de plancher. C'est l'étape structurante — une surface ou une catégorie mal renseignée fausse l'objectif pour toutes les années suivantes.
Une année pleine, postérieure à 2010, représentative d'une exploitation normale. C'est le socle de l'objectif en valeur relative (−40 % en 2030). Si elle n'a jamais été déposée, c'est le travail le plus rentable de la semaine.
Les consommations annuelles par type d'énergie, en kWh d'énergie finale — électricité, mais aussi gaz, fioul, froid ou chaleur livrés. C'est l'étape qui coûte cher quand les données n'ont pas été suivies : il faut alors rassembler douze mois de factures.
Certains usages se déclarent à part et ne pèsent pas sur l'objectif du bâtiment — la recharge des véhicules électriques au premier chef. Encore faut-il un comptage dédié pour les extraire du compteur général.
La validation déclenche le calcul de votre situation et la génération de l'attestation annuelle. Téléchargez-la : c'est elle qu'on vous demandera en cas de contrôle, de cession, de refinancement ou de réponse à un appel d'offres public.
Une déclaration se prépare hors ligne. Réunissez ces éléments et la saisie tient en une demi-journée :
Le point de friction est presque toujours le même : les factures donnent des périodes glissantes et un total tous usages confondus, alors que la plateforme attend des années civiles et des périmètres distincts. Une reconstitution à partir de factures reste une reconstitution — et elle se refait chaque année.
Le dispositif laisse le choix entre deux voies. La voie relative — réduire de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 par rapport à votre année de référence. Et la voie absolue — descendre sous un niveau de consommation fixé par arrêté, exprimé en kWh/m²/an, par catégorie d'activité et par zone climatique.
Les départements d'outre-mer disposent de leurs propres valeurs absolues, calées sur un climat tropical où la climatisation, et non le chauffage, constitue le poste dominant. C'est une bonne nouvelle pour deux profils de bâtiments réunionnais :
Deux autres particularités locales méritent d'être anticipées. D'abord l'ajustement climatique : la plateforme corrige les consommations selon la rigueur de l'année, un mécanisme pensé d'abord pour le chauffage — sur une île où la dérive vient des saisons chaudes, il faut regarder ce que ce calcul produit sur votre dossier plutôt que le supposer neutre.
Ensuite, la provenance des données. À La Réunion, le réseau est exploité par EDF SEI, et ce que donne un compteur de point de livraison reste une consommation globale : un chiffre par site, tous usages confondus, là où la déclaration attend des périmètres distincts — entités fonctionnelles séparées, recharge de véhicules isolée. C'est précisément pour cela que Litchi ne dépend d'aucun gestionnaire de réseau : nous mesurons les consommations par usage directement sur l'installation, au sous-comptage. Les données arrivent déjà ventilées, déjà au format qu'attend la plateforme.
Les consommations liées à la recharge des véhicules électriques relèvent des usages spécifiques à la mobilité : elles se déclarent à part et ne viennent pas gonfler la consommation sur laquelle porte votre objectif de réduction. C'est logique — électrifier une flotte fait mécaniquement monter le compteur du bâtiment sans que celui-ci consomme mal.
La condition est purement technique : il faut pouvoir isoler ces kilowattheures. Sans comptage dédié sur les points de charge, la consommation de recharge reste noyée dans le compteur général, et vous déclarez dans votre objectif une énergie qui n'avait pas à y figurer. Sur un site équipé de quelques bornes, l'écart n'a rien d'anecdotique : il peut suffire à faire basculer une trajectoire de conforme à non conforme.
Les bornes remontent leurs sessions en OCPP. Un site supervisé sait donc, à la borne et au mois près, combien a été délivré aux véhicules — et peut le produire tel quel dans la déclaration.
La sanction formelle est connue : mise en demeure, puis publication du nom de l'assujetti défaillant sur un site de l'État — le « name and shame » inscrit dans le dispositif — et une amende administrative pouvant atteindre 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale. Le montant n'a rien de dissuasif pour un groupe ; la publication, elle, l'est davantage.
Le coût réel est ailleurs, et il est silencieux :
Litchi supervise vos compteurs en continu : électricité, sous-comptages par usage, production solaire, points de charge en OCPP, eau. Les données sont mesurées, horodatées et conservées — pas estimées à partir de factures.
Concrètement, au moment de la déclaration :
Autrement dit : Litchi prépare toutes les données de votre déclaration, et nous vous accompagnons dans la saisie sur OPERAT. Vous gardez la main sur votre compte ; vous n'avez plus à reconstituer douze mois de kilowattheures.
Nous regardons ce que vos compteurs savent déjà dire, ce qu'il manque pour la déclaration, et nous la portons jusqu'à l'attestation. Un appel suffit pour savoir si c'est tenable d'ici le 30 septembre.